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La table de trading institutionnelle

Une banque ou un fonds ne «trade» pas comme le retail : le travail est réparti entre spécialistes, avec des processus, des limites et de la technologie. Voici comment fonctionne une table pro de l'intérieur et ce que tu peux voler à chaque rôle pour trader en pro, même seul chez toi.

Par l’équipe TradingCalculator.Pro · Mis à jour le · À propos

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Ce que vous apprendrez

Les rôles de la table

Une table sépare des fonctions que le retail concentre en une personne : l'analyste/quant génère l'idée et les signaux ; le gérant de portefeuille (PM) décide quoi et combien ; le trader d'exécution entre au meilleur prix sans bouger le marché ; le gérant de risque surveille les limites et peut te fermer une position même contre ton gré ; le chef de table alloue le capital, revoit le P&L et en répond devant la direction. Leçon retail : sépare mentalement celui qui ANALYSE de celui qui APPUIE, et ne change pas le plan en plein trade.

Exécution algorithmique (VWAP, TWAP, POV, IS)

Les pros lancent rarement un ordre géant d'un coup : ils le découpent avec des algorithmes. VWAP exécute en suivant le prix moyen pondéré par le volume du jour ; TWAP répartit l'ordre uniformément dans le temps ; POV (percentage of volume) participe comme un % du volume du marché ; Implementation Shortfall minimise l'écart entre le prix de décision et le prix d'exécution. Leçon retail : si ta position est grande pour l'actif, entre par paliers plutôt que de balayer le carnet d'un coup.

Impact de marché, slippage et liquidité

Chaque ordre déplace le prix contre toi (impact de marché) et s'exécute moins bien que le prix affiché (slippage). Les pros jaugent la liquidité dans le carnet d'ordres (profondeur, spread) et utilisent des dark pools ou le RFQ pour bouger de gros blocs sans prévenir le marché. Leçon retail : sur les actifs peu liquides ou aux heures creuses, ton stop et ton entrée subissent un slippage brutal ; trade aux heures de forte liquidité et méfie-toi des marchés à spread large.

VaR et limites de risque

Une table ne laisse pas un trader risquer ce qu'il veut : elle impose des limites dures. La VaR (Value at Risk) estime combien la table peut perdre un jour normal avec une probabilité donnée (ex. 95 % des jours pas plus de 200k). Il y a des limites par position, par grecque (delta/vega), par perte journalière (stop-out) et par drawdown. Si tu les touches, on te réduit ou on t'arrête. Leçon retail : fixe TOI-MÊME tes limites à l'avance (perte journalière max, risque par trade) et respecte-les comme si un gérant de risque te surveillait.

Attribution du P&L et mesure de la performance

Les pros ne regardent pas que le montant gagné : ils décomposent le P&L pour savoir D'OÙ il vient. Direction, timing, sélection d'actif, carry, chance ? Ils mesurent la performance ajustée du risque avec Sharpe, Sortino, Calmar et information ratio, et la comparent à un benchmark. Leçon retail : analyse ton journal par instrument, par setup et par tranche horaire (ton site le fait déjà) pour voir ce qui rapporte vraiment et ce qui ne donne que de l'adrénaline.

La routine de la table

La journée d'une table est ritualisée : brief pré-marché (quelles données et risques aujourd'hui), réunion du matin (l'analyste expose, on fixe biais et niveaux), exécution en séance en notant chaque trade dans le blotter, et revue post-marché (ce qui a marché ou non, erreurs, ajustements). Rien n'est laissé à l'improvisation ni à la mémoire. Leçon retail : copie le rituel, avec checklist avant d'ouvrir, enregistrement de chaque trade et une revue hebdomadaire honnête de tes erreurs.

L'obligation de meilleure exécution

Une table ne choisit pas son lieu d'exécution par confort : elle est tenue à une obligation de meilleure exécution et doit pouvoir en apporter la preuve. Concrètement, trois choses : une politique écrite pondérant prix, coût, rapidité, probabilité d'exécution et de règlement, et taille ; des enregistrements permettant de reconstituer pourquoi chaque plateforme a été retenue pour chaque ordre ; et des revues périodiques de la qualité obtenue face aux solutions disponibles. Ce n'est pas de la paperasse à côté du résultat : ces mêmes données alimentent l'analyse des coûts de transaction, et une table qui mesure bien son exécution y trouve des points de base qu'aucune vue de marché ne lui aurait donnés.

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